2006-2012: Club de prospective « Métrologie du quotidien »

Cycle de conférences co-organisé par l’association Prospective 2100 et Métrodiff. Le club de prospective « Métrologie du quotidien » accueille chaque année des conférenciers spécialistes des différents domaines de la métrologie.

La « métrologie du quotidien »

Chacun doit pouvoir évaluer, dans la vie quotidienne, l’état de sa santé et de son environnement. La métrologie vient aider la connaissance de soi et de la nature, en lui fournissant des repères et des moyens de vérification. Il faut les instruments adéquats et portables pour mesurer la qualité de l’eau, de l’air, des aliments, l’état de son corps (analyses), celle aussi des plantes et des animaux. De la sorte, la responsabilité de la vie sera répartie entre tous, chacun étant le gardien de son jardin et de lui-même.

A plus grande échelle, il faut des réseaux mondiaux d’analyse, d’essais et de métrologie industrielle, de télé-surveillance de l’environnement par satellite, dont les résultats soient accessibles à tous. Il faut aussi établir un droit de chacun à l’information sur ce qu’il mange, ce qu’il respire, et tous les produits qu’on lui vend, et aussi à l’information sur l’information.

Thierry Gaudin, Président de Prospective 2100

Les normes au service du Développement Durable

Par Alan Bryden, ingénieur général des mines, ancien secrétaire général de l’ISO (2003-2009)

Le 24 avril 2012 à Toulouse dans le cadre des conférences de Assosciences

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Construire et mesurer la responsabilité sociétale : quelle contribution de la norme ISO 26000 ?

Par Alan Bryden ingénieur général des mines, ancien secrétaire général de l’ISO (2003-2009)

La mondialisation s’étend à un nombre croissant de sujets qui impactent la conduite des organisations et l’exercice de leurs activités : la globalisation des échanges, portée par la structuration des chaînes logistiques mondiales, le commerce électronique et l’abaissement des barrières douanières ; le développement exponentiel et sans frontières des technologies de l’information, et l’émergence des « réseaux sociaux » ; la perception que nombre de défis auxquels doit répondre l’humanité en ce XXIème siècle ne peuvent avoir de réponses que collectives, donc internationales, sauf à engendrer des conflits violents ou à mettre en péril l’intégrité de la planète et les générations futures : changement climatique, avec l’ardente obligation de mieux gérer l’utilisation des ressources naturelles de tous ordres, notamment l’énergie, l’eau ou les ressources minières et l’impact des activités humaines sur l’environnement, lutte contre les épidémies ou le terrorisme, qui ne connaissent pas de frontières ; éradication de la pauvreté et des discriminations, au centre des « objectifs de développement du millénaire » fixés par l’ONU au début du siècle.

C’est dans ce contexte que, depuis une quinzaine d’année, la « responsabilité sociale» et le « développement durable » sont apparus sur les écrans radar des gouvernements, des entreprises et des autres acteurs de la société. Des dizaines de référentiels ont été développés et promus, amenant une certaine cacophonie, perceptible aussi bien par les consommateurs et les citoyens, exposés à des revendications en la matière, que pour les entreprises qui, spontanément ou sous la pression, cherchent comment intégrer ces concepts dans leur mode de management. Il a fallu six ans pour arriver à un consensus pour préciser dans un document normatif international « les lignes directrices pour la responsabilité sociétale », qui sont destinées à s’appliquer à tout type d’organisation. Mais cette durée de gestation a permis que le document résultant, la norme ISO 26000 s’appuie sur les contributions convergentes de toutes les « parties prenantes », à travers la participation d’une centaine de pays et d’une quarantaine d’organisations internationales : elle constitue de ce fait le référentiel de base sur cette thématique, reliée directement au concept de « développement durable ».

La présentation s’attachera à rappeler la genèse de cette norme, à en souligner les grandes caractéristiques et à évoquer comment, et à quelles conditions, son déploiement pourrait effectivement contribuer à répondre aux défis de ce siècle pour concilier croissance économique, intégrité environnementale et équité sociale.

Le mercredi 25 mai 2011 à 17 :30 à l’ISEP – 28, rue Notre Dame des Champs – Paris 6ème

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Présentation illustrant la conférence

Quelques éléments de bibliographie proposés par Alan Bryden
  • « Les normes sont indispensables au développement durable » La Jaune et la Rouge novembre 2009
  • « Les normes sont ennuyeuses? A voir… » ParisTech Review, juin 2010
  • « Responsabilité sociétale : entretien avec Alan Bryden » Cahier n°3 Fondation pour Genève 2009

La métrologie de l’environnement

Par Jean-Luc LAURENT, Directeur Général du Laboratoire National de métrologie et d’Essais (LNE) et ancien directeur au ministère de l’environnement

Beaucoup de décisions se prennent à partir de résultats de mesures exprimant sous la forme d’une valeur numérique, la grandeur physique qui caractérise l’état du système que l’on cherche à définir. Depuis 1875 sur l’initiative de la France une organisation internationale la Conférence générale des poids et mesures (organe diplomatique du Traité du mètre) est en place qui fédère le réseau mondial des laboratoires nationaux de métrologie.

En France c’est le Laboratoire national de métrologie et d’essais (fondé en 1901 et institué en EPIC en 1978) qui est en charge de l’organisation de la métrologie française.

Les enjeux de la métrologie de l’environnement

Dans les domaines de l’environnement, les différents pays doivent démontrer la cohérence entre leurs mesures, pour élargir la pertinence des décisions politiques qui s’appuient sur ces mesures.

Il s’agit souvent de mesurer des quantités faibles, proches des seuils de détection, d’où un besoin de sécurité juridique des pouvoirs publics et des industriels

L’exemple de la mesure du bruit

L’exposé traitera de l’amont de la chaîne de traçabilité (mesure à haut niveau d’exactitude) et de la dissémination de ce raccordement

L’exemple des polluants dans l’environnement

Il s’agit d’une métrologie jeune et on donnera des exemples concrets où la mise en œuvre des bonnes pratiques de laboratoire ne garantit pas la traçabilité au Système international d’unités.

Un point sera fait sur les enjeux de la recherche en la matière et la coopération européenne

Le 9 juin 2010 à 17h30 à l’ISEP – 28, rue Notre Dame des Champs – Paris 6ème
Présentation du LNE proposée par Jean-Luc Laurent

La métrologie peut-elle être utile à la santé ?

Apports des concepts de base de la métrologie à la biologie médicale, par Marc PRIEL, Directeur Honoraire de la Métrologie du Laboratoire National de mMétrologie et d’Essais (LNE)

Il est raisonnable de considérer que l’un des objectifs de la métrologie, science des mesures, est d’apporter la confiance dans les résultats expérimentaux. Cette confiance s’établit en respectant et en mettant en œuvre deux concepts fondamentaux:

  • la traçabilité métrologique
  • l’évaluation des incertitudes de mesure

Il est courant de dire que mesurer, c’est comparer une grandeur inconnue à une référence dont la traçabilité est établie. Dans cette définition on voit apparaître les notions de référence et de traçabilité. Il faut donc disposer de références. Si ces références sont communes et partagées, alors on pourra comparer les résultats de mesure entre différents laboratoires, pays ou continents.

Si les références sont stables dans le temps, les mesures du passé pourront être comparées à celles du futur. Sans références les mesures perdent leur sens. Les concepts d’incertitude et de traçabilité sont largement partagés et mis en œuvre dans les domaines de l’industrie et du commerce, mais qu’en est-il dans le domaine de la santé ?

Pourquoi votre médecin vous recommande-t-il de faire vos analyses dans le même laboratoire ? Que signifient les valeurs normales figurant sur votre bulletin d’analyse ? Pourquoi sous votre résultat d’analyse vous indique-t-on le réactif utilisé ? Au cours de cette conférence l’auteur souhaite partager son expérience de quelques années auprès de médecins et de biologistes voulant améliorer la qualité de leurs mesures en vue d’un meilleur diagnostique et donc d’une meilleure thérapie pour les patients. En ces périodes où l’économie gouverne, la qualité des mesures est un facteur important car le manque de confiance dans les résultats induit la répétition d’analyses, rend difficile la comparaison des études cliniques et épidémiologiques.

Des exemples issus des examens organisés par la médecine du travail et des analyses de biologie médicale illustreront les apports des concepts fondamentaux de la métrologie au monde de la santé.

Le 20 janvier 2010 à 17h30 à l’ISEP – 28, rue Notre Dame des Champs – Paris 6ème

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Quelques éléments de bibliographie proposés par Marc Priel
  • Estimer l’incertitude – Mesure – Essais, Afnor, 2000 ISBN 2-12-460703-0
    From GUM to alternative methods for measurement uncertainty évaluation, Marc Priel, Accred Qual Assur (2009) 14 :235 – 241
  • Apport de la métrologie au contrôle des thermocycleurs, PO Fraisse, M. Priel, E. Léger, X. Vaslin-Reimann, P. Fiscaro, Congrès International de Métrologie, Paris, juin 2009-07-06
  • Les différentes méthodes d’évaluation des incertitudes de mesure, Marc Priel, Soraya Amarouche, Paola Fisicaro, La Houille Blanche n°3-2009
  • Metrological traceability is not always a straight line, Marc Priel, Soraya Amarouche, Paola Fisicaro, Accred Qual Assur DOI 10. 1007/s00769-005-0540-9

La mesure : réalité, modèle, ou illusion ?

Par Marc E. HIMBERT, Professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers, Directeur scientifique du laboratoire commun de métrologie LNE-CNAM

L’objectif de l’exposé est de mettre en évidence le rôle croissant de la mesure dans les activités industrielles et sociétales, et d’esquisser quelle évolution des concepts et des moyens déployés permettrait d’accroître, lorsque c’est nécessaire, la confiance dans les résultats de mesure. Sur le plan scientifique comme pour les applications traditionnelles, en incluant les nouveaux champs de mesure, on peut se demander si les modes de représentation de la réalité auxquels permettent d’accéder aujourd’hui les outils disponibles sont susceptibles de conduire à une perception des phénomènes véritablement plus pertinente.

Mercredi 25 mars 2009 à 17h45 à l’ISEP – 28, rue Notre Dame des Champs – Paris 6ème

Les mesures dans notre vie de tous les jours : valeur et limites de la métrologie

Par Bernard ATHANE, Président de l’association Métrodiff

Les mesures sont devenues une partie inhérente de notre vie. Notre santé, nos achats, notre sécurité sont largement tributaires de mesures. Certaines performances sportives se mesurent en centièmes de seconde. Nos industries, notre agriculture exigent des moyens de mesure de plus en plus performants. Mais que vaudraient ces mesures si l’on ne pouvait avoir confiance en leurs résultats ? La métrologie, science et pratique de la mesure, rempli ce besoin par diverses actions telles que les étalonnages, l’accréditation ou la réglementation. Cependant, l’efficacité de ces actions n’est pas toujours optimale. On peut par ailleurs être tenté d’appliquer les techniques de la métrologie à des domaines autres que ceux des grandeurs physiques, chimiques ou biologiques mais ces efforts ne sont pas toujours probants

.Mercredi 17 décembre 2008 à 17h45 à l’ISEP – 28, rue Notre Dame des Champs – Paris 6ème

Métrologie et société, de l’histoire à la prospective

Par Marie-Ange COTTERET, docteur en sciences de l’éducation

Les concepts de base de la métrologie mésopotamienne sont encore ceux qui régissent l’infrastructure métrologique de nos sociétés actuelles. L’organisation métrologique est un nœud complexe dans toute organisation sociale. Plusieurs configurations se répètent à travers le temps. La pression entre les groupes sociaux est constante. Régulièrement, les marchands et les dominants cherchent, sous des formes diverses et renouvelées, à modifier les étalons pour servir leurs intérêts. Par exemple, pour les marchands, les turpitudes des meuniers et des boulangers font l’objet de nombreuses anecdotes. Quant aux dominants, ils manipulaient les mesures pour augmenter les recettes fiscales. Avant la Révolution français, qui institua le système métrique, les populations rurales résistaient de leur mieux à la manipulation des mesures.

La demande pour qu’il n’y ai plus qu’une loi, un poids et une mesure sur tout le territoire est récurrente dans les cahiers de doléances. Aujourd’hui, la culture métrologique est insuffisante. Les gens sont à la merci des annonceurs qui organisent la désinformation par la sur-information. Les chiffres et les mesures sont utilisés comme outils de persuasion et de manipulation de l’opinion. En contre partie, à travers le temps, un phénomène tout aussi régulier apparaît, celui d’une tentative d’unification qui s’accompagne naturellement d’actions éducatives. Le premier système cohérent de métrologie, le système métrique décimal fut considéré comme un vecteur d’une égalité entre les citoyens, de fraternité entre les peuples et outil de libération des hommes. Considérer avec mesure les problèmes de notre siècle dont l’ampleur et la nouveauté posent des défis humains, technologiques, sociaux, philosophiques et spirituels jamais vus, c’est déjà donner à la culture métrologique actuelle sa place au centre du débat social.

Mercredi 6 juin 2007 à 17h45 à l’ISEP – 28, rue Notre Dame des Champs – Paris 6ème

Une Prospective de la métrologie scientifique en France et en 2020

Par Mohamed El Gourdou, métrologue scientifique

La métrologie est la science de la mesure. C’est la capacité de faire des mesures en tout lieu, en tout temps et avec le consensus de tous. Elle touche tous les domaines de la vie. Elle est devenue un enjeu, invisible, mais vital pour tous les pays. L’instabilité que nous vivons aujourd’hui, la crise économique à l’échelle mondiale, les menaces de guerre, la mondialisation et la nature des défis auxquels nous avons à faire face, exigent une réflexion nouvelle pour s’intéresser au futur. Il n’y pas de réponses claires à toutes ces questions du futur mais il existe des méthodes de prospective pour nous aider à réfléchir dans cet univers incertain. La métrologie est présente à divers niveaux de la société, dans les entreprises, le commerce, l’environnement, la santé… Elle est une organisation légale, scientifique et technique, tant au niveau national qu’international.

Des études récentes dans divers pays ont montré son impact économique et social. La méthode des scénarios, utilisée en prospective, analyse les paramètres, les variables et les hypothèses pour construire quelques scénarios contrastés. Un des futurs possibles pourrait être une métrologie européenne, coordonnée et partagée.

Mercredi 29 novembre 2006 à l’ISEP – 28, rue Notre Dame des Champs – Paris 6ème