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CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE SEMINAIRE D'HISTOIRE ET PHILOSOPHIE HISTOIRE ET PHILOSOPHIE DE LA MESURE
CHRISTINE BLONDEL (CNRS, Cité des sciences et de lindustrie) La difficile unification des unités électriques
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Christine Blondel a rattaché les difficultés rencontrées par lunification des unités électrique à deux sources : 1 La tension entre les besoins théoriques et les besoins de la pratique Le comité mis en place par la British Association pour régler le problème des unité électrique adopte, sous limpulsion de Thomson et Maxwell, un système dunités électriques absolues (fondées sur le système cgs et les unités électromagnétiques de Weber) qui conviennent aux besoins des scientifiques et des laboratoires. Mais ce choix impose aux mesures des télégraphistes des ordres de grandeurs complètement inadaptées. Cette situation conduit à définir, à côté du système théorique, un système pratique dont les unités correspondent à des puissances de 10 des unités théoriques et sont nommées daprès des physiciens (lOhm, le Volt, etc.). Ainsi lOhm correspond à 109 fois lunité théorique (qui est une vitesse). La question du choix dun système dunité est encore compliqué par le choix des étalons. Les anglais choisissent de matérialiser lunité pratique de résistance, lOhmad, par une bobine métallique. En France, la tension entre physiciens et praticiens se manifeste dune autre manière. Les physiciens se désintéressent dans lensemble de la question des unités électriques (sans doute en raison de leur compréhension des phénomènes électromagnétiques en termes de forces et daction à distance). Ce sont les télégraphistes français qui introduisent et diffusent les théories de Maxwell en France dans des ouvrages destinés à la communauté des praticiens et des ingénieurs (qui constituent une catégorie douvrages distincte des ouvrages de physique générale). La France ne sengagea pas spontanément dans la mise en place dun système dunités électrique. Mais la confusion engendrée par les tentatives des autres nations réactiva la vocation internationale quelle avait manifesté lors de la convention du mètre en 1875 et qui avait conduit à la création du BIPM (alors dirigée par Ch.-Ed. Guillaume). Stimulée aussi par son expérience des mesures de précision (cf. par exemple Regnault), la France est ainsi amenée à prendre linitiative de négotiations et à projeter une série de congrès internationaux : pas moins dune dizaine auront lieu de 1881 à 1910. Lors du premier congrès international délectricité qui se tient à Paris en 1881 (organisé dans le cadre de la première Exposition internationale), la section des unités, dans laquelle dominent Thomson, Helmholtz, et Mascart (pour la France), font un choix hybride. Elle opte pour le système théorique cgs, les unités électromagnétiques et le système pratique des anglais (Ohm, Ampère, Farad, Coulomb), tout en choisissant pour étalon de résistance la colonne de Siemens des allemands. La deuxième grande source de tension qui va grever luniformisation du système dunité électrique est liée au choix de létalon de Siemens : la hauteur de la colonne de mercure doit être établie avec précision et la question se pose de savoir comment seront organisées les recherches destinées à en déterminer la valeur. Au lieu de mettre en place une commission internationale, le choix est fait, sous la pression des intérêts nationaux, de mener des programmes de recherche nationaux et de confronter les résultats obtenus à loccasion de congrès. Le choix de cette procédure permettra aux allemands de réaliser le projet du Physikalische Technische Reichanstalt et de le doter de moyens financiers colossaux. De leur côté, les recherches françaises seront dispersées au sein dinstitutions diverses (Collège de France, Sorbonne, CNAM, Laboratoire central de lélectricité), incapables de suivre le mouvement. Ce manque de cohésion dans le programme de recherche va conduire à la persistance des pratiques locales et à la domination du système pratique jusquen 1914 (alors passée entre les mains de lélectricité industrielle et dune nouvelle catégorie professionnelle, celle des électrotechniciens, qui supplante les télégraphistes). Ainsi passera-t-on en 1890 à un système dunités incohérent définis par des étalons ; puis, en 1910, à un système défini par la moyenne des différents étalons nationaux (Washington, Londres, Allemagne). Ce nest quen 1948 que seffectuera pour de bon le retour à une définition des unités par un système théorique. Note :Les imprécisions ou les erreurs qui pourraient figurer dans ce résumé ne sont pas imputables au conférencier mais à l'auteur du compte rendu (N. de Courtenay). |
Mise à jour le 10 octobre 2003
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