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CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE SEMINAIRE D'HISTOIRE ET PHILOSOPHIE HISTOIRE ET PHILOSOPHIE DE LA MESURE
ARNE HESSENBRUCH X-ray and radium metrology before 1928 : Trust, accountability, and money
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Arne Hessenbruch a présenté les étapes qui ont conduit à la calibration et à ladoption dun étalon pour les rayonnements ionisants (rayons X et rayonnements issus de substances radioactives). Son exposé cherchait à mettre en lumière :
La présentation sest effectuée en deux temps. Dans un premier temps, Arne Hessenbruch a analysé lévolution des méthodes de calibration des rayons X en regard des exigences liées aux applications médicales. Dans un second temps, il a montré que lon ne pouvait se faire une idée correcte de cette évolution, ni véritablement comprendre le passage dune étape à lautre, sans articuler lanalyse précédente aux travaux de Rutherford sur la décroissance radioactive. Le lien entre les deux récits est assuré par la référence au détecteur de rayonnements ionisants mis au point par Rutherford entre 1896 et 1901. Cest en effet ce même appareil qui, dune part, assurera, à partir des années 1920, la calibration de lintensité des rayons X utilisés en radiothérapie et, dautre part, permettra à Rutheford délaborer, dans les années 1902-03, sa théorie de la décroissance radioactive.
Lévolution des méthodes de calibration de lintensité des rayons X a été moins déterminée par la recherche de la précision pour elle-même que par lévolution de la radiothérapie médicale qui a très vite constitué un domaine dapplication important des rayonnements ionisants. Ces méthodes de calibration ont été amenées à prendre, entre 1890 et 1928, plusieurs formes afin répondre aux différentes dimensions, scientifique, économique et sociale, de la pratique médicale.
Dans les années 1890 qui suivent immédiatement la découverte des rayons X par Röntgen, la production des rayons X est mal maîtrisée. Elle est contrôlée par lintermédiaire de paramètres physiques, comme la tension et le courant, mais aussi par des effets qualitatifs dont lappréciation supposait une grande familiarité avec les appareils et, de ce fait, nétaient pas aisément communicables. Ce type de contrôle correspondait à une époque où les phénomènes étaient encore nouveaux et faisaient surtout lobjet de démonstrations publiques.
Dans les années 1900, lutilisation médicale des rayons X ne pouvait plus se contenter de performances approximatives. Elle exigeait le contrôle effectif de la dose administrée. A la place des contrôle indirects (de la tension et du courant) et de lappréciation des paramètres qualitatifs, on choisit dévaluer directement lintensité des rayons X en utilisant des pastilles chimiques appliquées sur la peau des patients. A laide dune charte de couleurs, ces pastilles permettaient dévaluer la dose de rayons X absorbée. On obtient de la sorte un repérage numérique de lintensité absorbée qui permet linscription et le suivi des traitements, la comparaison de différents traitements, des études statistiques, le contrôle des risques (liés à la dangerosité des rayons X).
2 La mise au point par Rutheford dun détecteur de rayonnements ionisants permettant létude de la décroissance radioactive
On a rarement prêté attention aux efforts déployés par Rutherford entre 1896 et 1901 pour mettre au point son détecteur de rayonnements ionisants. Les études se sont surtout concentrées sur la théorie de la désintégration radioactive que Rutherford a élaboré grâce à cet instrument à partir de 1902-03. Or, pendant près de cinq années les travaux de Rutherford ont essentiellement porté sur la fabrication de ce détecteur de rayonnements ionisants, puis sur sa calibration en unités absolues (en comparant lionisation de lair provoquée par la source de radiation aux effets caloriques de cette même source).
Arne Hessenbruch a souligné comment la mise au point de lappareil, qui utilisait initialement comme source des rayons X, naurait pu être menée à bien par Rutherford si celui-ci navait pu bénéficier des recherches et des ressources technologiques développées en vue des applications médicales des rayons X dont il vient dêtre question. La mise au point de la méthode de lélectromètre grâce à laquelle il était possible de suivre les variations temporelles de lionisation du gaz, et donc de lactivité dune source radioactive, apparaît ainsi liée au développement des applications radiothérapeutiques. Mais, dun autre côté, la calibration de lappareil (indispensable à la définition de létalon dintensité) na véritablement pu aboutir quen corrigeant les erreurs instrumentales par comparaison avec les mesures des effets thermiques du radium effectuées par Pierre Curie qui utilisait une méthode de pesage traditionnelle chez les chimistes. Note :Les imprécisions ou les erreurs qui pourraient figurer dans ce résumé ne sont pas imputables au conférencier mais à l'auteur du compte rendu (N. de Courtenay). |
Mise à jour le 10 octobre 2003
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